La mode change rapidement, c’est un fait. Mais depuis une vingtaine d’années, l’industrie de la fast fashion s’est développée et a rendu ce changement encore plus rapide qu’auparavant.

Le terme « fast fashion » désigne l’ensemble des fabrications vestimentaires rapides et proposées à la vente à de très petits prix.

Ces fabrications sont caractérisées par un renouvellement rapide des collections, certains magasins pouvant aller jusqu’à deux nouvelles collections par semaine, et cela se traduit par la production intensive, massive et surtout industrialisée des vêtements.

Ce nombre toujours grandissant de collections et les prix bas pratiqués incitent les consommateurs à acheter de plus en plus de vêtements afin de se conformer aux normes de la mode et renouveler leur garde-robe de manière très fréquente.

On pourrait de prime abord penser que c’est une bonne chose, mais quels sont les réels problèmes et conséquences de cette industrie délirante ?

La fast fashion, un fléau depuis 1990

Ce secteur de l’industrie textile a pris forme dans les années 90, lorsque des chaînes telles que Zara et MANGO, mais aussi d’autres magasins comme H&M un peu plus tard, ont décidé de créer des pièces s’inspirant de la fashion week, événement important dans l’industrie textile, et de proposer ces collections à des prix presque dérisoires.

Au fil du temps, ce mouvement s’est répandu dans plus en plus de chaînes de magasins, créant une concurrence de plus en plus féroce.

Afin de se mettre en avant et d’attirer les consommateurs, mais aussi pour augmenter de façon démentielle les revenus, les différentes chaînes de magasins ont commencé à créer et sortir de plus en plus de collections, parfois même plusieurs par mois ou semaine, au lieu des typiques deux collections par an : printemps/été et automne/hiver.

Ces collections multiples ont un très grand nombre de conséquences, aussi bien sur les acheteurs que sur les fabriques, les employés du textile ou encore sur l’environnement.

Une consommation de plus en plus importante

Chez les consommateurs, l’arrivée de la fast fashion et sa normalisation dans les années 2000 les ont poussés à s’engouffrer dans un cercle vicieux où les achats se succèdent, engendrant une surconsommation de masse.

En chiffres, on note en Europe, selon le cabinet McKinsey & Company, une augmentation de plus de 60 % des achats vestimentaires, pour ne pas parler de l’augmentation chez les Américains… qui est 5 fois plus importante qu’il y a 20 ans ! Au total, une étude de We Demain dénombre pas moins de 100 milliards de nouveaux vêtements achetés dans le monde chaque année.

Des conséquences environnementales phénoménales

L’industrie du textile, et plus particulièrement le secteur de la fast fashion a des conséquences environnementales énormes.

Entre pollution et gaspillage, en nombres, ce secteur c’est :

  • 1,5 : la quantité de pétrole, en kilogramme, nécessaire pour produire 1 kg de polyester.
  • 2 : la place occupée par la teinture sur l’échelle des plus gros pollueurs d’eau.
  • 4 : le pourcentage d’eau potable mondiale utilisée pour la production des collections de la fast fashion.
  • 20000 : le nombre de litres d’eau nécessaires pour produire 1 kg de coton.
  • 600 000 : le nombre de tonnes de vêtements jetées chaque année en France. Seulement 1/3 de ceux-ci seront recyclés.
  • 1,2 milliard : le nombre de tonnes de gaz à effet de serre dégagées chaque année par cette industrie. Afin de vous faire une idée plus concrète, l’ensemble des vols internationaux et du trafic maritime réunis ne dégage pas autant en une année entière.
  • 4,5 milliards : le montant en dollars américains des invendus dans les grands magasins dans le monde. Ceux-ci seront détruits ou brulés, plutôt que donnés ou vendus à prix réduit.

Toujours plus, toujours moins cher, mais à quel prix ?

Si les chaînes de magasins cherchent toujours à produire plus et de moins en moins cher, cela engendre un grand nombre de problèmes sociétaux.

En effet, les chaînes de magasins tendent à délocaliser leurs usines, notamment en Chine ou au Bangladesh, les deux plus gros producteurs du secteur de la fast fashion, afin de réduire leurs frais. À cause de cette délocalisation, des centaines, ou plutôt des milliers de personnes perdent leurs emplois pour privilégier une main-d’œuvre bien moins chère.

Mais les soucis continuent avec cette délocalisation et la main-d’œuvre dans ces pays. Les conditions de travail y sont médiocres et les ouvriers ne disposent pas de protections sociales ou médicales. En Inde, dans l’état de Punjab, premier producteur de coton au monde, 20 nouveaux cas de cancer sont détectés tous les jours.

De plus, les lois concernant le traitement des employés et les conditions d’emplois ne sont pas ou peu réglementées, permettant aux entreprises de sous-payer les ouvriers et même d’engager des mineurs.

Il y a un grand nombre d’actions pour lutter contre ces conditions et on peut noter, à titre d’exemple, les manifestations des employés textiles Zara au Bangladesh dont on entend parler actuellement, ou les campagnes menées pour de meilleures conditions de travail pour les ouvriers H&M.

Réagir contre la fast fashion, c’est en prendre conscience et changer

industrie de la mode

Pour lutter contre la fast fashion et cette surconsommation, il existe plusieurs alternatives possibles, mais la première chose à faire est de prendre conscience de tous les problèmes causés par cette industrie, et surtout de changer ses habitudes.

Voici quelques solutions pour mieux consommer et réduire l’impact de la fast fashion.

1/ Acheter moins, mais mieux

Au lieu d’acheter une dizaine d’articles de mauvaise qualité à 5 euros, privilégiez les produits de qualité et fabriqués dans des usines ayant une politique transparente sur la fabrication des vêtements et les conditions de travail, quitte à payer 50 euros la pièce.

Pensez aussi à privilégier les entreprises locales, ou les marques engagées telles que Décathlon, Ekyog, 1083 et bien d’autres.

2/ Acheter des articles de seconde main

Vous pouvez aussi acheter des vêtements dans des magasins de seconde main.

Si ce terme fait peur à beaucoup, sachez que les vêtements qui y sont vendus sont triés, nettoyés et en très bon état. Cela permet de déjeter moins, mais de plus, vous pourrez trouver des vêtements de marque et de qualité à des prix défiant toute concurrence.

3/ Faire attention aux fibres utilisées

Une autre façon de faire face à ce fléau écologique et sociétal est de lire les étiquettes et de repérer les fibres utilisées.

Privilégiez les fibres bio et durables et évitez à tout prix des matériaux tels que le coton, le polyester et toutes les fibres synthétiques qui polluent énormément, aussi bien l’air que l’eau. Si vous souhaitez vraiment du coton, alors cherchez à acheter des vêtements fabriqués avec du coton biologique.

4/ Recycler et réparer les vêtements

Pour limiter la quantité de vêtements jetés et détruits, réparer ses vêtements est une solution simple, mais efficace. Cela vous permet de ne pas aller acheter à plusieurs reprises le même article, mais aussi de garder vos vêtements préférés. Si cependant vous souhaitez ne plus garder certains vêtements, pensez à les déposer dans les bulles à vêtements pour le recyclage ou les associations.

5/ Utiliser des applications

Il existe des applications, comme BuyOrNot, qui vous permettent d’obtenir un grand nombre d’informations sur les produits et marques, d’identifier leurs impacts écologiques et déterminer l’origine du produit, mais aussi de vous tenir au courant de l’actualité et suivre des campagnes diverses luttant pour les droits des ouvriers, entre autres.