L’hiver approche et entraîne avec lui, des couts parfois démentiels liés au chauffage ! On chauffe davantage quand il fait froid dehors, c’est un fait, et cela n’a pas de quoi réjouir l’environnement à l’heure où le réchauffement climatique est plus critique que jamais…

Nos méthodes de chauffage traditionnelles utilisent des combustibles fossiles comme le gaz naturel, le fioul ou le charbon, tous ont un coût élevé pour l’environnement et contribuent au réchauffement de la planète.

Le fioul n’est pas, comme nous le savons tous, une source d’énergie renouvelable, ce qui signifie qu’il ne peut être remplacé. De plus, il a la fâcheuse tendance de créer du dioxyde de carbone, un gaz à effet de serre qui contribue grandement à la pollution.

En France, ce mode de chauffage est utilisé par environ 10% de la population, majoritairement des propriétaires de bâtisses construites avant 1975.

Le gaz naturel affiche un bon profil, mais encore faut il le transporter via des gazoducs qui engendrent parfois des fuites de méthanes… ces émissions représenteraient 1 à 9% des émissions totales. Notons que son forage peut aussi se révéler catastrophique sur la faune et la flore environnante.

En France, environ 45% de la population française a choisi le gaz naturel ou le gaz en citerne pour se chauffer, surtout dans les villes.

Un des principaux modes de chauffage en France est l’électricité. L’électricité est un choix passable si :

  • vous habitez en appartement entouré de voisins qui chauffent bien dans un bâtiment bien isolé
  • vous avez un bon fournisseur d’électricité
  • vous avez des radiateurs de qualité (on oublie les convecteurs, sorte de grille-pain au rendement désastreux)

Cependant, gardez à l’esprit que dans la plupart des cas, se chauffer à l’électricité en France revient à se chauffer au nucléaire…

Les Français qui se chauffent à l’électricité représentent entre 25 et 30% de la population.

Enfin, le charbon est de loin le mode de chauffage qui a le plus grand impact négatif. Lorsqu’il est brûlé, il libère de multiples toxines et polluants atmosphériques, dont le mercure, le plomb, le dioxyde de soufre, les oxydes d’azote, les particules et toutes sortes d’autres métaux lourds.

L’impact sur la santé humaine peut aller de l’asthme à des problèmes respiratoires en passant par des maladies cardiaques, des lésions cérébrales, des cancers, des troubles neurologiques, etc. Sans compter son impact sur le changement climatique, le charbon étant principalement composé de carbone.

Alors, que devons-nous faire ? Mettre des gros pulls en laine, grelotter et attendre que la douloureuse saison hivernale passe enfin, ou peut-être nous diriger vers des manières plus écologiques de chauffer nos domiciles sans nuire à notre santé ni à la santé de notre environnement ?

Peut-être un savant mélange des deux…les meilleures économies de chauffage sont d’abord celles que l’on fait en se chauffant moins.

Les gestes simples, mais efficaces

Vous pouvez très bien commencer par améliorer l’isolation de votre domicile, et en fait, vous devriez même commencer par là. En effet, l’ajout d’isolant aide à empêcher la chaleur de s’échapper des murs, des fenêtres, des portes et des conduits, et peut améliorer la consommation énergétique de votre maison de 20 à 30 %.

Cela peut être des mesures aussi bêtes que changer ses joints de fenêtre s’ils sont obsolètes ou usés.

Ensuite, pensez à vous équiper de rideaux épais ou encore de stores thermiques, aussi utiles l’hiver que l’été.

Par fortes chaleurs, de tels dispositifs aux fenêtres de votre maison aident à bloquer le soleil et à conserver la chaleur en hiver, ce qui vous permet in fine de réaliser des économies de coûts et de réduire l’impact sur l’environnement.

4 méthodes de chauffage écologique

1. Les classiques (et très efficaces) poêles à bois

Les poêles à bois modernes n’ont rien à envier aux poêles d’antan : design et technologie sont maintenant de mise, sans oublier l’efficacité.

Si les anciens poêles mal utilisés pouvaient produire de la fumée et de la pollution, en plus de réduire la qualité de l’air, les nouveaux modèles certifiés par des normes comme l’EPA (Environmental Protection Agency) produisent environ 90 % moins de fumée pour environ 30 % plus de rendement.

Alors oui, il va vous en prendre quelques heures pour aller couper des bûches dans la forêt (ou simplement en acheter au producteur du coin), mais vos économies seront importantes.

Pour ce qui est des avantages :

  • vous pouvez en installer un à peu près n’importe où dans votre maison, tant que vous êtes en mesure d’installer un tuyau à l’extérieur de la maison
  • quelques poêles soigneusement placés peut suffire à remplacer n’importe quel système de chauffage central.
  • sur le principe de la chaleur rayonnante, le poêle envoie la chaleur dans toutes les directions, plus effacement et plus rapidement qu’un système de ventilation. La qualité de la chaleur est ce qui se fait de mieux
  • vous faites un grand geste pour l’environnement, car à l’état naturel, le bois absorbe le dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère
  • enfin, si vous vivez dans une région sujette à de fréquentes pannes d’électricité en hiver, un poêle à bois peut être particulièrement utile, car vous et votre famille pouvez rester au chaud même en l’absence d’électricité ou d’une alimentation en gaz

Inconvénients :

  • prend beaucoup de place dans la pièce où il est installé
  • il demande de l’entretien et doit être nettoyé régulièrement

2. Le chauffage par énergie solaire passive

Le soleil est une forme de chaleur gratuite, constante et renouvelable, pourquoi ne pas en profiter ? Je ne vous parle pas ici de panneaux solaires (qui sont couteux à l’installation, assez peu rentable, au cout environnemental fort lors de la fabrication et peu éthique), mais bien d’une utilisation passive, qui utilise le climat, l’emplacement et les matériaux de la maison afin de minimiser la consommation d’énergie.

Notez que ce n’est pas un concept nouveau, mais il est de plus en plus fréquent.

Lorsque ce système est bien conçu, il aide à réduire les charges de chauffage sans avoir recours aux panneaux solaires. Par ailleurs l’entretien est minimal.

Ces systèmes reposent généralement sur un certain nombre de mesures comme :

  • beaucoup de grandes fenêtres à haute efficacité énergétique orientées vers le sud et moins du côté nord et ouest
  • des avant-toits, des auvents et des arbres ombrager sont placés de manière réfléchie pour éviter la surchauffe en été
  • l’utilisation de pierre ou de béton dans la construction de la maison pour favoriser l’absorption de la chaleur pendant les heures de pointe du soleil (libérant la chaleur stockée dans la maison après la tombée de la nuit).

Si vous avez une maison orientée plein sud, vous pouvez profiter directement du chauffage solaire passif sans avoir à faire grand-chose.

Pour ce qui est des avantages :

  • une maison bien conçue avec ce concept peut tirer du soleil 50% de ses besoins en chauffage

Inconvénients :

  • impossible à mettre en place sur une maison déjà construite et/ou mal orientée
  • la maison solaire passive nécessite encore de l’équipement mécanique, comme un système à air pulsé ou un plancher chauffant radiant pour garder les températures plus chaudes en hiver

3. Le poêle de masse

Semblable à un poêle à granules, le poêle de masse offre une solution de chauffage beaucoup plus compacte et ressemble davantage à une cheminée traditionnelle.

Il diffère du classique poêle à bois ou du poêle à granules en ce sens qu’il retient la chaleur à l’intérieur des briques afin de pouvoir la diffuser sur une période pouvant aller jusqu’à 24 heures.

Pour ce qui est des avantages :

  • Le poêle de masse produit moins de pollution qu’un poêle à bois traditionnel et n’a pas besoin d’autant de matière première en raison de la combustion lente et de la chaleur qu’il “emprisonne”
  • il a tendance à produire plus de chaleur que les autres types de poêles.

4. Les pompes à chaleur

Les pompes à chaleur ne sont pas nouvelles dans le paysage du chauffage, mais elles continuent de présenter de nombreux avantages, tant financiers qu’environnementaux.

Elles peuvent être utilisées pour chauffer l’eau ou les sols de la maison, alimenter les radiateurs, etc.

La pompe à chaleur permet dans son fonctionnement de transformer les calories contenues dans l’air, l’eau ou le sol pour créer de la chaleur en hiver (ou du froid en été).

Il en existe 4 grands types :

  1. air/air : capte les calories contenues dans l’air, les transforme et les restitue via des unités murales qui diffusent l’air dans le logement
  2. air/eau (aérothermie) : permet de chauffer ou rafraichir le logement en captant les calories de l’air extérieur et en les restituant sous forme de chaleur via l’installation de chauffage existante
  3. eau/eau (aquathermie) : capte les calories contenues dans la nappe phréatique avant de restituer la chaleur via un plancher chauffant ou des radiateurs
  4. sol/eau (géothermique) : le chauffage géothermique est sans doute l’une des technologies les plus efficaces à ce jour. Elle utilise la chaleur naturelle de la terre qui est une source d’énergie illimitée.

Pour ce qui est des avantages :

    • système très performant qui peut 3 à 5kWh pour 1kWh acheté
    • permet de réaliser d’importantes économies, l’installation est en général amortie sur 3 à 7 ans (selon les régions et le type de pompes)

Côté inconvénients :

  • les pompes à chaleur nécessitent parfois de l’espace
  • solution qui nécessite un certain investissement, mais qui ajoutera de la valeur en cas de revente
  • le brassage de l’air diffuse des polluants atmosphériques sur les systèmes air/air
  • la nuisance sonore des pompes à chaleur air/eau
  • demande de l’entretien
  • solution polluante (dans la fabrication et le fluide frigorigène) qui consomme de l’électricité d’origine majoritairement nucléaire

En conclusion

Comme on peut le voir, il n’existe malheureusement pas de système de chauffage parfait, à la fois économique et bon pour la planète.

Il y aura toujours des “frais environnementaux” cachés dans la fabrication du matériel (ou son renouvellement), et l’énergie dont il a besoin pour fonctionner.

Le poêle à bois reste sans doute la meilleure solution si vous êtes en campagne et totalement autonome sur la matière première (au pire vous ferez fonctionner l’entreprise locale d’un voisin) et l’utilisation de l’énergie solaire est formidable si vous en êtes au stade de conception de votre maison.

Mais soyons réaliste, ce n’est malheureusement pas accessible à tout le monde à l’heure où 12,1 millions de Français en «précarité énergétique».

La solution n’est-elle pas d’accepter simplement le fait qu’au même titre que nous devons souffrir de la chaleur en été, nous devons nous attendre à avoir plus froid en hiver ? Après tout, c’est tout naturel, nous ne pouvons définitivement plus nous permettre de nous dire que notre maison doit être chauffée à 21° en permanence.

Sortons les gros pulls, acceptons d’être couverts, même à l’intérieur de nos habitations, et réduisons un peu le thermostat.